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Jules Machard Dole, 1839 – 1900

Marcel Proust, Du côté de chez Swann :
« Je ne vous demande pas, Monsieur, si un homme dans le mouvement comme vous a vu, aux Mirlitons, le portrait de Machard qui fait courir tout Paris. Eh bien, qu’en dites-vous ? Etes vous dans le camp de ceux qui approuvent ou de ceux qui blâment ? Dans tous les salons on ne parle que du portrait de Machard ; on n’est pas chic, on n’est pas pur, on n’est pas dans le train, si on ne donne pas son opinion sur le portrait de Machard. »

Jules Machard à fait l’objet d’une exposition à la galerie Artesepia en 2004 : Catalogue_Jules_Machard ainsi qu’une exposition au musée des beaux-arts  de Dole en 2003.
Et nous avons encore de nombreux dessins de l’artiste

Jules Machard (1839 – 1900)

Jules Machard est né dans le Jura, près de Dole, en 1839. Issu d’un milieu modeste, il est destiné par son père aux Ponts et Chaussées. Après ses dix-sept ans, il reste quelques temps à Lyon dessinateur pour l’administration des chemins de fer puis comme agent des ponts et chaussées.

De retour à Besançon où sa famille s’est installée, il débute sa carrière artistique dans l’atelier du peintre Edouard Baille (1814-1888). En 1861, il obtient une pension et part pour Paris se présenter à l’école des Beaux-Arts, haut lieu de l’art de l’époque. Fréquentant les ateliers des peintres Edouard Picot (1786-1868) et Emile Signol (1804-1892), il cultive son Art en préparant les différents concours des Beaux-Arts. En 1863, il expose deux portraits d’hommes au Salon et dès 1864 présente une esquisse à la première épreuve du prix de Rome. Malgré un certain succès, c’est la maladie qui l’empêche d’aller plus loin cette année là. Il est lauréat l’année suivante avec une peinture représentant Orphée descendu aux enfers demander Eurydice (Paris, Ecole Supérieure des Beaux-Arts).

Il part pour l’Italie en 1866 où il rejoint cette pépinière de jeunes talents qu’est l’Académie de France à Rome. Son premier envoi de 1867, le Cadavre du dernier fils de Frédégonde, retrouvé par un pêcheur, fut acheté par Louis Pasteur malgré un accueil très mitigé de l’administration des Beaux-Arts. A la villa Médicis il exécute de nombreux portraits qui lui apportent déjà une grande notoriété. En 1869, il envoie deux toiles dont sa fameuse Angélique attachée au rocher qui fut présentée au Salon et obtint un très vif succès. En 1870 il présente une composition représentant La mort de Méduse. L’année suivante c’est un Narcisse et la Source. En 1874, il peint Séléné, personnification de la Lune qui est un grand succès et coïncide avec son retour à Paris.

A Paris, il est déjà très connu pour ses tableaux de Salon et ses portraits sont très prisés. On pense que Machard a pu réaliser plus de trois cent portraits au cours de toute sa carrière. En 1875, il épouse Ernestine Louise Marie Aléo, d’origine cubaine, qui fut souvent son modèle. C’est la même année que le marquis de Chennevières, directeur des Beaux Arts, lui commande quatre panneaux illustrant la vie de la Vierge destinés à l’église Notre-Dame de la Croix sur la colline de Ménilmontant. Il réalisera seulement la Visitation et la Crucifixion, empêché de continuer par la maladie. Ce sont de rares exemples de peintures religieuses chez Machard avec une sainte Cécile réalisée en 1878. Il s’essaye également à la peinture décorative et notamment des peintures de plafond comme celles réalisées à Londres au Castel de Montagu House pour le duc et la duchesse de Buccleugh . Les vingt dernières années sont sans doute essentiellement consacrées au portrait. Il meurt des suites d’une maladie en 1900.

La connaissance que nous avons de Jules Machard s’est beaucoup enrichie, grâce à la rétrospective de Dole en 2003 et le très intéressant catalogue rédigé par Virginie Frelin et Elisabeth Coulon ( Jules Machard, le culte de la ligne, exposition au Musée des Beaux-arts de Dole, 4 avril au 15 juin 2003). Pourtant il reste des périodes et des zones de la personnalité de Machard encore très obscures. Que penser de l’androgynie de ses multiples Eros et de ces nombreux dessins qui ne correspondent pas à des compositions connues, que l’on suppose dater des dernières années et qui mélangent les figures de l’amour et de la mort.

Jules Machard que l’on a longtemps rangé dans la catégorie des peintres pompiers, a probablement souffert d’un manque de confiance et de volonté qui lui ont fait sacrifier son talent sur l’autel des portraits mondains. Peut-être ce talent n’égale t-il pas celui d’un Bouguereau, d’un Gérome, d’un Gervex ou d’un Carolus-Duran (peintres remis à l’honneur ces dernières années), néanmoins ses dessins témoignent souvent d’une grande liberté et même de virtuosité.

  2015  /  Jules Machard  /  Last Updated février 7, 2015 by Artesepia  / 

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Artesepia

«Ce que je n’ai pas dessiné, je ne l’ai point vu.», GOETHE

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