Info Panel
You are here:   Home  /  Uncategorized  /  J.B. GREUZE – La cruche cassée

J.B. GREUZE – La cruche cassée

Un très beau et émouvant dessin pour un tableau majeur de l’Artiste et de la seconde moitié du XVIIIème siècle.
Ceux qui ne voient chez Greuze qu’un sentimentalisme mièvre peuvent découvrir ici une intensité dramatique qui n’a pas été conservé dans le tableau final.
Sans doute le tableau aurait-il été moins facile à faire admirer, la perte de la virginité évoquée devenant un véritable outrage !

Jean-Baptiste GREUZE (Tournus, 1725-Paris, 1805)

Fille à la cruche cassée
Pierre noire et rehauts de blanc sur papier bleu
40,6 x 31 cm

Réalisé entre 1772 et 1773.

Provenance :

– Vente du Vicomte de Plainval, 1846
– Vente du 7 mai 1879
– Vente du Baron de Beurnonville, 16-19 février 1885,n° 323
– Vente Paris, Drouot, 30 novembre 1970, n° 14
– Vente Paris, Drouot, 17 mars 1971, n° 9.

Bibliographie :

– Jean-Pierre Cuzin, »L’esquisse de la Cruche cassée identifiée au Louvre » dans Curiosité, Etudes d’Histoire de l’Art en l’honneur d’Antoine Schnapper, Flammarion, 1998, p. 160, repr. n° 57.

Jean-Baptiste GREUZE
(Tournus, 1725-Paris, 1805)
Fille à la cruche cassée
Pierre noire et rehauts de blanc sur papier bleu
40,6 x 31 cm
Réalisé entre 1772 et 1773.

Provenance :
– Vente du Vicomte de Plainval, 1846
– Vente du 7 mai 1879
– Vente du Baron de Beurnonville, 16-19 février 1885, n° 323
– Vente Paris, Drouot, 30 novembre 1970, n° 14
– Vente Paris, Drouot, 17 mars 1971, n° 9.

Bibliographie :
– Jean-Pierre Cuzin, »L’esquisse de la Cruche cassée identifiée au Louvre » dans Curiosité, Etudes d’Histoire de l’Art en l’honneur d’Antoine Schnapper, Flammarion, 1998, p. 160, repr. n° 57.

Cette étude de jeune fille est un dessin préparatoire pour la Cruche Cassée de Jean-Baptiste Greuze, considéré comme un des tableaux les plus emblématiques(1)Cette œuvre fut sculptée sur son tombeau, au cimetière Montmartre à Paris, par Ernest Dagonet. de l’artiste. Réalisée entre 1772 1773(2)L’œuvre n’est pas datée mais fut gravée en 1773 par Massard ce qui nous donne une date post quem. Edgard Munhall date l’œuvre d’environ 1772-1773 (cf. Sahut, 1992, p. 176-177, n° 27)., l’œuvre fit partie des collections de Madame du Barry(3) D’après Marie-Catherine Sahut, le tableau est soit une commande de la favorite de Louis XV, soit un achat direct à l’artiste (cf. Sahut, op. cit.) à Louveciennes, avant d’être saisie en 1794 pour rejoindre le futur Musée du Louvre. La célébrité de ce tableau est due à son pesant sous-entendu érotique : la perte de la virginité suggérée à travers une céramique brisée, évocation probable de proverbes populaires et de la Perrette de La Fontaine. Le sein gauche découvert et les fleurs coupées retenues dans son tablier sont des notations iconographiques connues du public du XVIIIe siècle comme des symboles de la virginité perdue, sujet souvent traité par Greuze dans La Laitière, L’oiseau mort ou Les Œufs cassés(4)La Laitière et L’oiseau mort conservés au Musée du Louvre (Inv. RF 1277 et RF 1523) et Les œufs cassés au Metropolitan Museum de New York (Inv. 20.155.8). .

Mentionné dans le catalogue raisonné L’œuvre de J.-B. Greuze(5)Jean Martin, Œuvre de J.-B. Greuze, catalogue raisonné, 1908, p. 31, n° 442. par Jean Martin en 1908, notre dessin est publié dans un article de Jean-Pierre Cuzin en 1998 : « …un grand et vigoureux dessin à la pierre noire rehaussé de craie blanche, passé en vente publique à Paris en 1970 et 1971 et dont nous ignorons l’emplacement actuel, nous est connu par la photographie des catalogues de ces ventes. Les variantes avec le tableau sont nombreuses : le format ovale apparaît bien original, mais les proportions du modèle semblent plus grêles, les bras sont nus, le visage davantage levé prend une expression désolée, presque tragique, les cheveux en désordre semblent agités par le vent, le même vente souffle dans l’étoffe que la jeune fille serre contre elle et qui ne contient pas de fleurs. L’indication paraît vigoureuse et rapide et les contrastes d’ombre et de lumière bien affirmés : une ombre portée très contrastée, sur la droite, détache la silhouette du fond, à la place qu’occupera la fontaine »(6)Jean-Pierre Cuzin, »L’esquisse de la Cruche cassée identifiée au Louvre » dans Curiosité, Etudes d’Histoire de l’Art en l’honneur d’Antoine Schnapper, Flammarion, 1998, p. 160, repr. n°57. . L’attitude hiératique confère à la scène un caractère antique inspiré des sculptures grecques et contribue à solenniser la représentation.

Le Musée du Louvre possède également une esquisse à l’huile de ce sujet(7)Cette esquisse fut cédée au Louvre en 1922 par la baronne Salomon de Rothschild (Inv. RF 3801). qui est très proche de notre dessin par le regard absent, les membres allongés, la chevelure en désordre et le vent s’engouffrant dans le plissé de la robe. Dans le tableau fini, Greuze choisit de présenter la jeune fille dans une atmosphère beaucoup plus calme et sereine.
La redécouverte de cette œuvre préparatoire, venant s’ajouter aux deux toiles conservées au musée du Louvre, permet de mieux appréhender le cheminement créatif de l’artiste.

References   [ + ]

1. Cette œuvre fut sculptée sur son tombeau, au cimetière Montmartre à Paris, par Ernest Dagonet.
2. L’œuvre n’est pas datée mais fut gravée en 1773 par Massard ce qui nous donne une date post quem. Edgard Munhall date l’œuvre d’environ 1772-1773 (cf. Sahut, 1992, p. 176-177, n° 27).
3. D’après Marie-Catherine Sahut, le tableau est soit une commande de la favorite de Louis XV, soit un achat direct à l’artiste (cf. Sahut, op. cit.)
4. La Laitière et L’oiseau mort conservés au Musée du Louvre (Inv. RF 1277 et RF 1523) et Les œufs cassés au Metropolitan Museum de New York (Inv. 20.155.8).
5. Jean Martin, Œuvre de J.-B. Greuze, catalogue raisonné, 1908, p. 31, n° 442.
6. Jean-Pierre Cuzin, »L’esquisse de la Cruche cassée identifiée au Louvre » dans Curiosité, Etudes d’Histoire de l’Art en l’honneur d’Antoine Schnapper, Flammarion, 1998, p. 160, repr. n°57.
7. Cette esquisse fut cédée au Louvre en 1922 par la baronne Salomon de Rothschild (Inv. RF 3801).
  2014  /  Uncategorized  /  Last Updated septembre 30, 2015 by Artesepia  / 

Laisser un commentaire

Artesepia

«Ce que je n’ai pas dessiné, je ne l’ai point vu.», GOETHE